Monsieur le Secrétaire général adjoint à la Présidence de la République,

Mesdames et messieurs les représentants du corps diplomatique et consulaires, des partenaires techniques et financiers,

Mesdames et messieurs les hauts responsables civils et militaires en vos rangs, grades et fonctions respectives tous protocoles observés,

Mesdames et Messieurs,

Nous voici, une fois de plus rassemblés en ce lieu pour le rendez-vous annuel de présentation du rapport d’activités du service de renseignements financiers (SAMIFIN) conformément au décret 2015-1036. C’est à la fois pour satisfaire à une obligation légale et un devoir de redevabilité mais aussi et surtout un plaisir et un honneur pour moi -même et pour l’ensemble du personnel de vous accueillir en ce lieu.

Un plaisir car une fois on a une opportunité de parler de notre métier, qui bien que régi par un devoir de discrétion et de confidentialité, n’en est pas moins passionnant. Je prendrais à témoin mes collègues que travailler pour les renseignements financiers impose des contraintes, des frustrations et parfois même des souffrances, mais notre passion commune pour cette noble tâche nous réconforte suffisamment pour nous faire oublier les aléas du métier. On n’en fait jamais assez ou pas assez bien ou alors on en fait trop de freiner l’économie, de faire peur aux investisseurs réels ou fictifs, et même aux honnêtes gens. Je l’ai déjà mentionné dans l’une de mes interventions en pareille circonstance que c’est un des métiers où tout le monde prétend le connaitre mieux que nous même qui l’exerçons depuis des années et sommes formés pour.

Mais en même temps, on comprend toute l’attente que l’on est parfaitement en droit d’avoir à l’endroit de tout organe de lutte contre la corruption et en particulier d’un service chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Mes collègues et moi-même sommes conscients des enjeux qui justifient cette exigence de tout un chacun envers notre mission. Mais avant tout, je voudrais que vous sachiez que nous sommes passionnés par ce travail. C’est un métier qui sert une noble cause. Nous menons notre combat pour que le bien triomphe du mal aussi puissant que le mal puisse paraître, pour que la justice prenne le dessus sur l’argent aussi attrayant que puisse l’être le gain, pour que force reste à la loi, aussi répandu que pourrait l’être le crime.

C’est un honneur de vous avoir ici, chers collègues, amis, partenaires et compagnons de lutte et mesdames et messieurs les représentants de nos autorités et nous vous sommes reconnaissants de nous avoir consacré votre temps si précieux. Nous vous remercions également pour votre soutien indéfectible à notre cause commune. La Présidence de la République pour la traduction de la volonté politique exprimée en actions concrètes qui nous permettent d’avoir de la crédibilité dans la conduite de notre mission. L’adoption de la nouvelle loi sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme et récemment de l’ordonnance sur le recouvrement des avoirs illicites en sont les parfaites illustrations. Les péripéties qu’ont connu les projets sur ces deux thématiques suffisent largement à se rendre compte de l’importance et de l’effectivité de l’engagement politique au plus haut niveau. 

*Je profite aussi de cette opportunité pour exprimer ma gratitude pour le plaidoyer que Monsieur le SGAP a mené personnellement afin de mettre à notre disposition les moyens nécessaires à l’opérationnalisation du nouveau bâtiment du SAMIFIN qui accueillera je l’espère la prochaine restitution du rapport d’activités du SAMIFIN. Je compte être présent à cet événement que ce soit en tant que Directeur général, invité ou même parmi les badauds.

Dans tous les cas et en toute modestie le SAMIFIN saura se montrer à la hauteur de cet engagement et de cette volonté politique.

Merci à l’ensemble de nos amis et compagnons de lutte, je mentionnerais le Ministère de la Justice, les acteurs du système de lutte contre la corruption (Comité pour la sauvegarde de l’intégrité, Bianco, pôle anti-corruption,) mais aussi les administrations spécialisées que sont entre autres les Directions générales des Impôts, Douanes, Trésor, Environnements, Mines, Energies, … la Gendarmerie nationale et la Police nationale deux épaules supplémentaires pour le Samifin ainsi que vous chers amis de la société civile et du secteur privé. Merci à tous d’avoir répondu présent à chaque fois que de besoins ! Notre lutte commune est réputée de longue haleine mais notre engagement commun et cette solidarité dont vous avez fait preuve nous permettra de la mener avec succès.

Merci à nos partenaires techniques et financiers qui se reconnaîtront (PNUD, la BAD-PAGI, Le FMI, La Banque Mondiale, l’Union européenne, la coopération française et l’agence française de développement, …) et qui nous ont toujours fait montre de disponibilité, d’écoute, de soutiens politique, stratégique mais aussi matériels et financiers dans l’accomplissement de notre mission et au moment où l’on en avait vraiment besoin. 

L’année 2018 a été une année charnière pour notre pays dans l’ensemble et pour le SAMIFIN plus spécifiquement. C’était l’année du premier rapport d’évaluation de Madagascar dans le cadre du mécanisme de type GAFI au sein de l’ESAAMLG (Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group) ou GABAOA (Groupe Anti-Blanchiment de l’Afrique Orientale et Australe).  Nous avons été placés dans la situation inconfortable d’un mécanisme de suivi renforcé. Le risque de voir notre chère Patrie pointée du doigt par l’ensemble de la communauté internationale était alors très élevé d’autant plus que des pays d’apparence plus avancés, toutes proportions gardées dans ce domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, n’ont pas pu échapper à la décision de certaines institutions internationales de les verser dans la fameuse liste grise. Mais Madagascar a su rebondir en menant les réformes nécessaires pour faire avancer la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Bien que la menace soit toujours présente, les signaux positifs dont notre pays a su faire montre devraient nous permettre d’avancer dans le combat que nous menons tout en assurant le concert des nations de notre volonté à joindre nos efforts avec ceux de toutes les parties prenantes à cette lutte.

Il est nécessaire de se rappeler que la lutte contre ces fléaux que sont le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ne se gagne pas à la seule adoption des textes. Il nous appartient à tous maintenant de les appliquer et au besoin d’identifier les points d’amélioration éventuels. En ce qui concerne le Samifin, nous entendons présenter aussitôt que possible à qui de droit un projet de décret qui entre autres réorganisera le service afin de répondre à la nécessité d’être effectif et efficace sur les deux volets de notre mission. Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. C’est un projet qui nous tient à cœur dès l’entame de mon mandat de Directeur Général en 2016 mais qui a pris quelques années de retard compte tenu des reports successifs qu’a connu l’adoption de la nouvelle loi sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Pour terminer je réitère mes remerciements à l’endroit de vous tous pour votre intérêt pour la mission qui nous est confiée. Un joyeux anniversaire au Samifin qui a pour tradition de marquer chaque mois de Juillet la date anniversaire du 18 Juillet et dont la célébration pour cette fois-ci a été combinée à cette cérémonie de présentation du rapport annuel d’activité afin que nous puissions être rassemblés pour un moment de convivialité et de partage. Je vous remercie de votre attention.

Discours de Monsieur LAMINA Boto Tsara Dia, Directeur Général du SAMIFIN

A l'occasion de la présentation officielle du rapport 2018 le 26 Juillet 2019